Ancrage et exil
Le Collectif Ancrage et Exil est né d’un choc d’horizons – de proverbes, de poésies et de neiges, premières et anciennes – porté par une constellation de voix aussi vaste que le Nord où s’étire un ciel sans fin. De Marathon à Montréal, Oshawa et Ottawa, Hamilton, Hanmer et Hearst, jusqu’aux grandes cités africaines (Kinshasa! Bujumbura! Gitega! Abidjan!), ils ont fait florir le roc de la Nickel City en plein hiver, têtus — tenaces, pour livrer cette anthologie de textes racontant les paysages qui les habitent.
Ce regroupement étudiant a germé parmi la toute première cohorte de l’Université de Sudbury, relancée par et pour les francophones de l’Ontario — là même où, il y a 50 ans, la communauté franco-sudburoise portait le drapeau franco-ontarien au vent pour la première fois. Du passage de la page blanche à la parole, cette cohorte cherchait, comme en 1975, à se dire.
C’est dans la salle de classe, dans des laboratoires de rédaction en automne 2025, qu’on se fixait rendez-vous pour apprendre ensemble à écrire. Comment faire valoir un argument, une thèse – oui; mais aussi comment permettre à son esprit de se lâcher lousse en quête de l’expression d’une idée, d’une perspective, d’une vérité.
Les mots, d’abord, se sont montrés récalcitrants. Moqueurs. Résistants. Mais ces artistes se sont engagés dans cette poursuite de la parole, apprenant à manier la langue à leur façon, jusqu’à apprivoiser les mots de cette langue aux infinies hémisphères.
De cet élan est né ce zine.
Et puis, il y a eu cette phrase fondatrice, tracée par la plume d’un·e étudiant·e anonyme lors d’un atelier de rédaction :
« Je suis le trait d’union
entre exil et ancrage
entre le cri et la construction »

