Mot de Michel Ouellette pour la clôture du Salon du livre du Grand Sudbury 2018

Michel.Ouellette_crop_brMichel Ouellette, invité d’honneur du Salon du livre de Sudbury 2018, invitait le public à réfléchir sur ce qui se construit pendant un salon. Nous reproduisons ici le texte qu’il a livré lors de la cérémonie de clôture :

MOT POUR LA CLÔTURE DU SALON DU LIVRE DU GRAND SUDBURY 2018

Tenir salon dans une école d’architecture, c’est bien se tenir
Debout dans la lumière d’un printemps tant espéré
Debout entouré de murs de bois, de poutres et de plaques de métal
Bois du nord, bois à faire du papier
Métal des mines, métal des presses
Matériaux pour fabriquer des livres
Tenir salon, tenir un livre, tenir un salon du livre dans une école d’architecture
Qu’est-ce qui se construit ici ?
À l’ouverture du salon, on a parlé de la Place des Arts
Un édifice imaginé, rêvé
L’argent est là comme un gage de sa réalisation
Qu’est-ce qui se construit ici ?
Tout près, il y a le centre de l’amitié autochtone N’Swakamok
Qui veut dire « là où les trois routes se rencontrent »
Trois routes se sont rencontrées pendant le salon
La présence d’auteurs issus des communautés autochtones
Nous rappelle que ce qui s’est construit ici
Repose sur d’anciennes relations
Souvent oubliées, ternies par des années de mépris, de colonialisme triomphant
Mais aujourd’hui, les mots peuvent rétablir la communication
La littérature ne change pas le monde
Elle potentialise le changement
La langue de l’autre, la langue fantôme de plusieurs Franco-Ontariens
Étaient aussi au rendez-vous
Un French Kiss, un baiser avec la langue
Embrassons nos différences
Accepter la langue tendue
Pour réduire les tensions intérieures et extérieures
De cet homme invisible qui erre en nous
Qu’est-ce qui se construit ici ?
Dans une entrevue à la radio, vendredi matin
Une voix d’autrefois résonnait
Fernand Dorais qui incite ces étudiants à structurer leur milieu, leur société
Une voix qui rappelle que tant a été construit ici depuis
Qu’est-ce qui se construit ici ?
Entre tous ces livres, tous ces auteurs, tous ces exposants, tous ces bénévoles
Des liens d’affaires, d’affaires d’amitié surtout
Une charpente invisible d’un monde en marche
Je pense au premier livre de Prise de parole
Lignes-signes
Les plans d’une architecture à venir
Premiers mots qui ont imprimé un élan à un mouvement
Une onde qui a traversé le temps
Qui s’est amplifiée
Qui nous porte et nous transporte
De livres en livres
De maison d’édition en maison d’édition
De salon en salon
Une communauté d’auteurs, de lecteurs, d’éditeurs
D’autrices, de lectrices, d’éditrices
Au masculin comme au féminin
Dans tous les genres et dans tous les sens

Qu’est-ce qui se construit ici ?
Je ne sais pas le dire
De ce pays de roche et de bois
S’élève quelque chose qui naît au milieu des lettres
Je ne sais pas le dire
Ça ne se dit pas
Ça se trouve entre les lignes et derrière les signes
Ça se lit
C’est dans les livres achetés au salon
C’est dans la lecture dans le salon à la maison
Alors
Bonne lecture
Et  bon retour à la maison

One Response to “Mot de Michel Ouellette pour la clôture du Salon du livre du Grand Sudbury 2018”

  1. Rhéo Courchesne dit:

    Les mots de Michel Ouellette a l’occasion de la fermeture du Salon du Livre retracent par un texte poétique et symbolique l’itinéraire parcourut sur la scène littéraire du milieu sudburoi et Franco-Ontario. Très bien rendu! Félicitations à l’Auteur.

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