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Fièvre de nos mains, Requiem en saule pleureur, Gymnastique pour un soir d’anguilles, La vie prodigieuse

Rose Després

Date : Septembre 2012
Genre : Poésie
Collection : BCF
ISBN : 9782894232842

Depuis 1982, Rose Després s’impose comme l’une des voix fortes de la poésie acadienne moderne.

«La personnalité combative de Rose Després ne se volatise pas dans l’écrit. Ses poèmes nous montrent une femme qui se construit à chaque instant dans son inaliénable liberté, à partir de situations qui viennent à chaque moment modifier les résidus des choix présents.» Jocelyne Felx, Lettres québécoises

«Chez [elle], la parole révèle la force d’une langue poétique innovatrice qui génère une énergie libératrice.» Lise Gaboury-Diallo, DOLAM

Plus qu’un chant de souvenirs, ses quatre premiers recueils sont énergisés par cette voix qui dénonce les injustices, s’élève contre les travers humains, les rapports difficiles avec autrui, et revendique la liberté. Ils sont réédités sous une même couverture dans la collection Bibliothèque canadienne-française: Fièvre de nos mains (1982), Requiem en saule pleureur (1986), Gymnastique pour un soir d’anguilles (1996) et La vie prodigieuse (2000).

Ce dernier recueil a valu à l’auteure le prix Antonine-Maillet-Acadie Vie en 2001. Une œuvre qui, selon le jury, «exprime avec force et rigueur la libération de l’être par la poésie et pour la poésie».

La nouvelle édition comprend une préface de David Lonergan, une biobibliographie de l’auteure et un choix de jugements.

Dans les médias

REQUIEM EN SAULE PLEUREUR Ce livre émouvant, c’est plus un cri de détresse qu’un chant de souvenirs, d’autant plus troublant lorsque le lecteur est conscient des deux drames personnels qui ont été le moteur de cette énigme. La poésie est ici aussi lugubrement belle, dure et vibrante que la voix grave de l’auteure ; dans l’une comme dans l’autre résonne toujours, malgré tout, une note d’espoir et de tendresse. Martine Jacquot, « Requiem pour un [sic] saule pleureur : Exorciser le passé », Liaison, été 1987 [C]e qui attire l’œil particulièrement ici c’est la capacité de narrativité, la création d’un microcosme social, humain et géographique qui vibre sur la page sans artifices, ni prétentions. Caroline Bayard, « La relève poétique en Acadie ? », Lettres québécoises, n° 45, printemps 1987 [N]ous y retrouvons déjà, clairement exprimées dans un style très personnel, les préoccupations chères à l’auteure et ses idées maîtresses qui lui mériteront la reconnaissance de ses pairs ainsi que l’attribution du prix Antonine-Maillet / Acadie Vie en 2001 pour son recueil La vie prodigieuse (2000). […] Rose Després utilise un français normatif, parfois re¬cherché (« nizéré » et « parésie », par exemple). Toutefois, elle exerce sa licence poétique en insérant quelques perles néologiques, créant, entre autres, les verbes « confettifier » ou « champignonner ». […] Et, bien que l’auteure n’ait pas tendance à glisser vers l’alternance codique ni à avoir recours au chiac, quelques rares passages existent où l’anglais, écrit cette fois en caractères réguliers, est utilisé pour son effet stylistique, comme en témoigne l’extrait suivant : « Parce que l’hiver, l’hiver comme un white-out, un wipe-out figé avec la glace du matin, / la neige reste / et reste ». […] Després sait surtout capter et rendre des émotions saisissantes dans une langue très imagée, non dépourvue de lyrisme. Lise Gaboury-Diallo, Dictionnaire des oeuvres littéraires de l’Acadie des Maritimes, Éditions Prise de parole, 2012 GYMNASTIQUE POUR UN SOIR D'ANGUILLES Elle heurte, la poésie de Rose Després, elle se déchaîne comme une mer d’automne. Elle se brise en mille fracas comme autant de douleurs qui éclatent sur les rochers. […] Elle est dure, cette poésie, elle grince, elle se lamente. Les images sont lourdes, l’atmosphère est suffocante. Si je ne peux pas dire que les textes sont beaux, je peux par contre affirmer qu’ils sont vrais. Les phrases se heurtent comme se heurtent les vies, comme se fracassent les émotions. Le vocabulaire exprime cet univers en proie à la lutte que se livrent espoir et désespoir, les mots de la désespérance l’emportant en nombre mais ceux de l’espérance orientant le sens de la démarche. Car, malgré tout, la vie renaîtra de cette mort […] Une lecture douloureuse, comme l’est fondamentalement l’expérience humaine. David Lonergan, L’Acadie Nouvelle, 9 mai 1997 LA VIE PRODIGIEUSE La personnalité radieusement combative de Després ne se volatise pas dans l’écrit. Ses poèmes nous montrent une femme qui se construit à chaque instant dans son inaliénable liberté, à partir de situations qui viennent à chaque moment modifier les résidus des choix présents. La fureur, les sarcasmes, la souffrance et la révolte gravitent autour de l’obsession de l’autre. […] Un je vibrant et attachant s’arme contre un tu repoussant et repoussé, parfois élargi à la collectivité embourbée dans un certain passé. Toujours, la revendication de la liberté et de l’autonomie créatrice commande l’enchaînement des poèmes, et Després s’y fait souvent provocante et sans pitié […]. [I]l y a dans ce recueil une merveilleuse volonté de trouver dans le poème une route qui mène vers soi avec pour seule règle l’authenticité, l’intégrité : « Nous avions tellement hâte / nous voulions hâter la course / raccourcir le temps pour arriver plus vite à nous » Jocelyne Felx, « La soif heureuse : Des énergies du mouvement à la pause pensante », Lettres québécoises, printemps 2001 […] «La vie prodigieuse» de Rose Després exprime avec force et rigueur la libération de l’être par la poésie et pour la poésie. […] L’invention d’un langage tout à fait personnel qui bouscule la syntaxe, transforme le vocabulaire et renouvelle les images n’apparaît jamais comme un artifice, car elle découle de l’affirmation du caractère irréductible de la poésie et imprègne ces textes d’une profondeur, d’une émotion et d’une sincérité qu’on ne peut jamais mettre en doute. Une poésie lumineuse! Jury, Prix Antonine-Maillet / Acadie Vie L’invention d’un autre langage n’est pas ici un artifice poétique mais une nécessité vitale qui découle de l’opposition radicale entre l’univers poétique et l’univers commun. Raoul Boudreau, « Stratégies de reterritorialisation de la langue dans La vie prodigieuse de Rose Després », Littératures mineures en langue majeure, Les Presse de l’Université de Montréal, 2003 Le poème « Al dente », comme une envie de mordre à pleines dents, est un bon exemple de cette poésie qui grimpe aux plafonds : « Chez nous ça rage / le vent sile à travers les murs / et les plaques de courants électrifiés. / Les courants d’air s’inventent des manières / les idées chauves-souris vampires guettent la nuit / grimpent et s’agrippent au plafond / comme des chats frénétiques. » (p. 40) Cette « passion débordante dépenturée » (p. 115), comme l’ex-prime encore la poète, est la force qui disloque la langue en « enluminant le doux vertige des mots » (p. 91), elle est le feu qui fond et fusionne les pièces dispersées du poème. Raoul Boudreau, « Stratégies de reterritorialisation de la langue dans La vie prodigieuse de Rose Després », Littératures mineures en langue majeure, Les Presse de l’Université de Montréal, 2003 Acadienne engagée, très active dans les milieux artistique et culturel de Moncton, Després offre à ses lecteurs une poésie imprégnée de vitalité passionnée. Son titre [La vie prodigieuse] évoque bien la thématique abordée dans l’œuvre, puisque les affres et les joies de l’existence humaine sont présentées dans un kaléidoscope d’images reflétant une variété de réalités. Tantôt étonnantes, tantôt familières, ces scènes de vie quotidienne cherchent à susci¬ter des émotions vives et ne laissent pas les lecteurs indifférents. La fougue mordante et la véhémence expressive des poèmes ne font que s’amplifier avec chacune des trois parties du recueil, toutes d’une longueur similaire et intitulées respectivement « Prise I », « Prise II » et « Prise III ». Le voyage entrepris semble a priori circulaire, puisque le lecteur s’engage dans une trajectoire en spirale. En effet, Rose Després passe du personnel au planétaire, puis revient au particulier pour ensuite déboucher sur l’universel, puis revenir au point de départ. Chaque poème s’inscrit dans une progression lente mais irrévocable vers un élan difficilement acquis et vers le cœur du problème. La conscientisation de la narratrice s’affine au fil des pages, lui permettant d’aboutir à cette « lueur grandissante » qui rejaillit comme l’étincelle de la vie. Quand la narratrice conclut : « J’ai encore des rêves à éveiller », nous savons qu’une étape importante a été franchie. Chez Després, la parole révèle la force d’une langue poétique innovatrice qui génère une énergie libératrice. Ainsi, ses mots « pieuvrent et médusent », « bourrasquant » notre vision du monde. Le lecteur se voit happé par une véritable richesse linguistique, le français stan-dard s’enrichissant de néologismes et d’expressions colorées et originales qui côtoient aussi parfois l’anglais. L’appropriation créative du vocabulaire, les stratégies de reterritorialisation de la langue permettent à la narratrice non seulement de transcender son état en assistant à sa propre renaissance, mais aussi de participer à sa propre réinvention. De plus, comme « [l]e tableau vide / beckons », l’écriture de Després invite les lecteurs à se laisser séduire par la magie des mots, pouvoir qui les « hypnotise / ensorcelle / guide », puisque, selon l’auteure, « le réveil si palpable / si proche / est possible » et chacun peut participer à sa propre renaissance. Lise Gaboury-Diallo, Dictionnaire des œuvres littéraires de l’Acadie des Maritimes, Éditions Prise de parole, 2012 Le lecteur, lisant les recueils à la suite, a nettement l’impression d’assister à la naissance d’une écriture (et d’un poète), du désengluement amniotique à l’affirmation de soi, en passant bien sûr par le dressage difficile du corps et les mille et un tumultes de la prise de parole. Spectacle exemplaire s’il en est, affirmant les modalités de l’ordre et de la forme sur celles du chaos, les réalités connexes de l’ouverture et de la liberté sur celles de l’étroitesse et de l’asservissement. Maurice Raymond, « La vie prodigieuse de Rose Després », Éloizes, no 30. [L]angue précise, travaillée, autant au niveau du vocabulaire que de la syntaxe […] ; vers solides, rythmiquement sûrs ; sens de la chute et de l’effet tragique ; vigueur du souffle ; assurance du ton. Par ces caractéristiques et par la pureté exemplaire de son lyrisme, La vie prodigieuse de Rose Després se classe d’emblée parmi les œuvres les plus stimulantes de la jeune littérature acadienne. Maurice Raymond, « La vie prodigieuse de Rose Després », Éloizes, no 30.

Auteur

Rose Després

En 2001, Rose Després a remporté le prix Antonine-Maillet-Acadie Vie pour son recueil, La vie prodigieuse. La parution attendue de Si longtemps déjà prolonge une œuvre qui approfondit toujours sa saisie de la puissance salvatrice de la poésie.

Rose Després a été directrice de la nouvelle revue acadienne de création littéraire Ancrages jusqu’en 2007. Elle est aussi comédienne, musicienne, interprète, compositrice et enseignante.

À ces titres divers, elle est active depuis trente ans dans le réseau littéraire, artistique et culturel de l’Acadie aux niveaux régional, national et international. Invitée à de nombreux colloques, festivals littéraires, échanges internationaux et organismes de représentation et de développement culturel, Rose Després continue de faire des contributions remarquées.

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